On crêve tous d'une putain de bombe nucléaire, juste une, une toute petite bombe atomique.
On rêve d'une crise mondiale, on rêve d'une guerre civile, on rêve d'un attentat, on rêve de deux tours qui s'effondrent. On rêve d'actions, on rêve de précipitation, on rêve de rebondissements, de surprise, d'intérêt pour agiter nos médiocres vies dignes d'une
mortelle condition humaine.
On rêve que notre vie soit un film dans lequel tout pourrait arriver, un film qui nous permettrait d'oublier notre merde.
On se fait chier.
On est bercé par ces films américains dont le seul intérêt repose sur des explosions, des destructions et des centaines de morts. L'homme en a marre et veut casser ses jouets.
Il se divertit, il lui faut de l'action, pour oublier cette misère, SA misère. Il finit par se divertir pour oublier qu'il se divertit et il pleure.
On pleure nos frustrations, nos remords, nos regrets, nos souffrances, notre ennui.
L'homme s'ennuie et le spectacle tragique de la fin de l'Humanité le divertit.
Souviens-toi, le "on" n'existe pas...